La broderie
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La broderie est, sans doute, une des caractéristiques
marquantes de l'artisanat marocain, même si peu diffusée
aujourd'hui. Cependant, chaque ville possède sa technique,
et le gouvernement actuel, par le biais du Ministère
de l'Artisanat, a créé des écoles pour
enseigner cet art aux jeunes filles. Les traits caractéristiques
de chaque ville sont respectées mais la broderie est
aujourd'hui remise à l'ordre du jour, dans des créations
plus contemporaines, tout en respectant les traditions.
| L'origine de la broderie au Maroc est très
ancienne, et il est encore difficile, aujourd'hui, de
déterminer à quelle époque celui-ci
fut employée pour la première fois. Au
début, cet art était utilisé surtout
pour orner le livre coranique ottoman, au XIIème
siècle, pendant la dynastie des Almohades (1130
- 1258). C'est sous le règne de Yacoub el Mansour
(1184 - 1199) que la broderie sera enfin considérée
un art et utilisée plus largement sur des vêtements
et pièces de décoration. Une école
fut mêe créée à Marrakech
pour assurer les besoins du Palais et des hauts fonctionnaires. |
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La broderie continua à être
largement utilisée sous la dynastie Mérinide
(1258 - 1554), principalement sous le règne de
Abou El Hassan (1331 - 1351). C'est cependant le règne
des Alaouites, qui débuta en 1664 et dont fait
partie l'actuel roi, Mohamed VI, que la broderie pris
un vrai essor, et chaque ville trouva ses propres caractéristiques.
Ainsi, Fès, Meknès, Salé, Rabat,
Tétouan, Azemmour et Marrakech, chacune créa
sa propre "école" et la broderie pris
vraiment part de la vie de la communauté, utilisée
largement encore aujourd'hui surtout sur les costumes
destinés aux cérémonies de mariage.
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Par ailleurs, le vocabulaire utilisé actuellement dans
l'art textile emploie beaucoup de mots d'origine arabe. Par
exemple, les sacs de maroquin, ou, quand on parle d'étoffes,
les cotonnades, les mousselines, le mohair, le satin, le taffetas,
la moire, le damas... Et, quand on parle de couleurs, le jaune
safran, le lilas, l'orange et le cramoisi.
Chaque région, voire chaque ville, a son propre style
qu'elle a toujours su conserver jalousement : le tapis du
Haut Atlas diffère de celui du Haouz par ses dimensions,
sa chromie et l'agencement de ses motifs. De même, la
broderie de Salé et celle de Rabat ont leurs particularités
propres, et pourtant ces deux lieux de production ne sont
séparéés que par le fleuve Bou Regreg.
La seconde caractéristique est la continuité.
En effet, si l'on considère la production actuelle
de cuirs ouvragés au Sahara, elle n'est guère
différente, en ce qui concerne les matériaux
(le support, les pigments), la technique et l'esthétique,
de celle qui remonte à plusieurs milliers d'années.
| Fondamentalement, le matériel utilisé
est le même au nord du Maroc comme à son
extrême sud, à l'est comme à l'ouest.
C'est la broderie qui y figure qui offre à l'observateur,
la touche de chaque région, et son cachet propre.
Tout se passe comme si chaque région du pays
tient à exhiber fièrement son apport particulier,
à mettre en valeur le talent et le doigté
de ses femmes. Chaque région souhaite, par son
ancrage local, frapper de son sceau, cette broderie
nationale, qui se trouve être en fin de compte,
une oeuvre commune. |
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La broderie au Maroc n'est rien d'autre que cet usage infini
de savants décors qui entourent les personnes de la
naissance jusqu'à la mort. Sur le voile protecteur
recouvrant le berceau du nouveau-né, sur les pièces
d'ameublement, les coussins recouverts de soie ou de brocarts
savamment éparpillés au-dessus d'un divan ou
à même le sol, sur le voile de la mariée,
sur les nappes et napperons, sur les grands rideaux suspendus
aux portes des maisons, sur le catafalque qui recouvrira le
corps jusqu'au bout de l'éternité.
Comme la géographie du pays qui le fait vivre depuis
si longtemps, cet art ignore l'uniformité. A l'appréhender
dans ses infinies facettes, dans ses étonnantes diversités,
il nous surprend toujours, nous interpelle et entraîne
tour à tour à Fès la séculaire,
à Rabat la phénicienne, à Tétouan
l'andalouse, à Meknès la berbère ou à
Oujda l'orientale. De coton, de lin ou de mousseline blanche,
les coussins et housses "rbatis", à l'image
de ses jardins fleuris, ne sont que polychromie, luxuriance
et gaieté.
Au Maroc, la broderie est réservée aux femmes
qui travaillent sur du coton, du lin, de la soie ou de l'étamine
de laine, mais aussi sur de la popeline et même sur
du nylon. Elles travaillent par petits groupes de femmes et
filles d'artisans ou de petits commerçants souvent
apparentés. Elles immobilisent la partie qu'elles sont
en train de broder dans des cadres en bois vissés.
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